Quelques jours ont suffi, quelques jours étranges

Et tout s’en est allé, tout s’est effacé.

Je vois ce que voient les chats quand ils ne regardent pas,

Je sens ce que sens la rose d’un amoureux maladroit,

Je respire ce que respire une marionnette de bois,

J’entends ce qu’entend un sorcier grivois.

 

Quelques jours ont suffi, peu importe lesquels

Peu importe quand puisque j’y étais.

Le silence en colère a déchiré les mots,

Ceux qui me tendaient la main ont brûlé mon dos,

Le sourire du doute a signé recto-verso,

Je goûte alors la solitude in vitro.

 

Quelques jours ont suffi, quelques heures même

Qui ont dit mon absence, mon effacement.

Je ne savais plus dire qui j’étais avant,

Peur de disparaître, tout simplement,

Mais les bras d’une amie, force m’étreignant,

En quelques secondes m’ont ramené au présent.

 

Texte et musique : Faya CHIDEKH. 23 janvier 1998 ©